PÈLERINAGE À L’HÉRÉSIE

Priscillianisme et Femmes

Les priscillianistes comprenaient de nombreuses femmes parmi elles, qui étaient accueillies comme des égales d’hommes. Leur insistance sur le célibat explique en partie l’accusation de manichéisme portée contre Priscillien. Le fait que les Priscillianistes aient participé à des « Orgies » au domaine d’Euchrotia semble particulièrement suspect compte tenu de telles pratiques.

En pèlerinage vers l’hérésie, j’ai plaidé en faveur du contrôle des naissances pour les croyants du message gnostique de Priscillien qui ne pouvaient suivre à la lettre toutes ses contraintes pour des raisons familiales. Il n’y a absolument aucune preuve que Priscillian ait fait une telle affirmation, mais, étant donné sa compréhension très claire que tous ne pouvaient pas suivre une vocation si stricte que de rester célibataires, et l’acceptation que certains sont appelés au mariage et à la famille, je ne pense pas lui avoir fait une injustice en suggérant cela. C’est ma seule interprétation.

Le priscillianisme, malgré les mesures très strictes prises par Maxime pour le contenir, a continué à se répandre en Gaule, en particulier des deux côtés des contreforts des Pyrénées, ainsi qu’en Espagne en général, et dans le nord de l’Espagne en particulier. La vision établie par l’église de Priscillien comme un hérétique et un Manichéen reposait sur Augustin, Turibius d’Astorga, Léon le Grand et Orosius (qui cite un fragment d’une lettre de Priscillien), bien qu’au Concile de Tolède en 400, quinze ans après la mort de Priscillien, lorsque son cas a été examiné, l’accusation la plus grave qui pouvait être portée était la mauvaise traduction du mot innascibilis (« non réglementable »).

Après Priscillien

Priscillien a longtemps été honoré comme martyr et non comme hérétique, en particulier en Gallaecia (Galice moderne et nord du Portugal), où son corps a été révérencieusement renvoyé de Trèves. Le Professeur Chadwick et d’autres ont fait l’affirmation provisoire que les restes trouvés au 8ème siècle sur le site dédié à Saint Jacques le Grand — Saint-Jacques— de-Compostelle – qui sont encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage sur le Chemin de Saint-Jacques, n’appartiennent pas du tout à l’apôtre mais à Priscillien. « Kieran », l’un de mes personnages principaux dans Pèlerinage à l’hérésie, décrit les raisons pour lesquelles cela peut très bien être détaillé au début du roman.

Les invasions barbares de l’Espagne dans les premières années du Ve siècle ont jeté toute la péninsule dans la confusion. Les Suèves étaient païens à leur entrée en Espagne et ceux qui suivaient le christianisme dominant le faisaient selon leurs propres pratiques, dont la plupart étaient basées sur l’Arianisme.

Lorsqu’ils fondèrent leur Royaume en Galice en 464, l’Arianisme était la religion d’État plutôt que le catholicisme romain. Il n’y a rien qui suggère que les évêques ariens à cette époque étaient actifs dans la suppression du paganisme. Le priscillianisme était toléré car beaucoup de ses croyances étaient similaires en fait à la religion d’État, et ce n’est qu’à partir de Saint Martin de Braga (à ne pas confondre avec Saint Martin de Tours), l’apôtre des Suèves, que le priscillianisme est considéré comme refoulé sous terre. Comme nous l’apprenons de son De correctione rusticorum, le paganisme que Martin a rencontré dans les régions rurales de Galice consistait en des croyances et des pratiques magiques et le culte superstitieux des arbres, des pierres et des fontaines. St. Martin était d’abord relativement doux dans son attitude envers ceux qui pratiquaient l’idolâtrie. Le paganisme à son avis n’était pas dû à la malveillance, mais à l’ignorance.

Cependant, au Concile de Braga (qui fait maintenant partie du Portugal), huit évêques ont participé. Vingt-deux décrets ont été promulgués, entre autres que dans les services de l’Église, le même rite devrait être suivi par tous, et que lors des veillées et des messes solennelles, les mêmes leçons devraient être dites par tous; que les évêques et les prêtres devraient saluer le peuple avec Dominus vobiscu sans les modifications introduites par les Priscillianistes; cette Messe devrait être dite selon l’ordre envoyé de Rome à Profuturus; que la forme utilisée pour le baptême sur le siège métropolitain de Braga ne devrait pas être modifiée; que rien ne devrait être chanté dans l’église, sauf les Psaumes et les parties de l’Ancien et du Nouveau Testament (et donc aucune mention des Apocryphes n’était autorisée); et que tous les prêtres qui s’abstiendraient de manger de la viande devraient être obligés de manger des légumes cuits dans de la viande, pour éviter tout soupçon de la souillure du Priscillianisme.

Le priscillianisme existe-t-il encore aujourd’hui en Galice ? J’ai été assuré par ceux qui le savent qu’il en est ainsi, et j’ai moi-même assisté à un service près de O Cebreiro où il n’y avait pas de sièges, mais la communauté s’est rassemblée autour du prêtre alors qu’il disait la messe à Gallego. Demandez à de nombreuses personnes instruites de la province et elles vous diront que Saint Jacques n’est jamais revenu en Galice, que le message de Priscillian est loin d’être inconnu et que le magnifique cercueil en argent de la crypte de la cathédrale contient l’un des leurs.

Il y a beaucoup écrit sur Priscillian en espagnol, et presque autant en allemand, mais malgré le fait que l’année dernière, plus de gens d’autres pays ont gagné leur Compostelle que de pèlerins espagnols, son nom est encore pratiquement inconnu en dehors de son Espagne natale.

Les restes de Priscillien reposent-ils à Compostelle plutôt qu’à Saint-Jacques ?

Peut-être que nous ne saurons jamais pour sure…As J’ai écrit:

« Un mystèreperhaps peut-être »

Tracy Saunders

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